mardi 3 janvier 2017

Le fil d'actualité [Le fil du temps…]



La différence entre l'actualité et l'Histoire c'est le changement d'échelle, tu prends de la hauteur pour regarder des périodes bien plus longues qu'une petite semaine de journaux télévisés. Tu balaies en route les petits événements qui seront oubliés dans les deux jours, les scories de l'information, pour ne te concentrer que sur ce qui aura des répercussions sur l'avenir.

Ainsi, j'ai toujours été frappé dans mes lectures historiques sur la période qui va de l'arrivée au pouvoir d'Adolphe Hitler jusqu'au déclenchement de la seconde guerre mondiale, l'analyse de tous les signes annonciateurs de la déflagration. Je ne parle pas ici du projet macabre et délirant conçu par le petit moustachu et soutenu par toute une population convaincue mais uniquement du côté matériel des événements.

Notamment, dès sont arrivée au pouvoir, le parti nazi s'affaire à fabriquer des armes. Il accumule les chars, les avions, il fabrique les munitions et il enrôle de plus en plus d'hommes pour constituer ses troupes. J'imagine que si quelqu'un observait et analysait tout ça à l'époque, il était clairement dans les intentions de l'Allemagne de sortir de ses frontières pour se répandre.

Et ces jours-ci, c'est pour ça que je t'en parle, il passe dans l'actualité quelques informations que personne ne semble relier entre elles. Pendant que nous regardons le conflit en cours contre Daech (qui semble parti pour durer plus longtemps que prévu), la Chine et la Russie et un tas d'autres pays accumulent de l'armement. Sans entrer dans le détail du pourquoi et du comment chacun semble le faire, je trouve ça très inquiétant*.


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J'ai emprunté un fond d'écran ici* 

lundi 31 octobre 2016

Freedom [modèle déposé !]



J'ai l'impression qu'il y a toujours la même volonté d'hégémonie américaine depuis la libération. C'est un peu comme si les États-Unis avaient été vexés de ne pas avoir eux-mêmes délivré toute la princesse Europe et qu'ils étaient restés habités du même élan chevaleresque.

Ou bien, pour être plus pragmatique, c'est peut-être parce qu'au plus ils augmentent la taille de leur marché, au plus ils accroissent le nombre de clients potentiels.  Et leur chiffre d'affaire.

Ce n'est pas anodin qu'internet soit de racine américaine et qu'énormément de branches y aboutissent toujours. En vérité, la quasi totalité de ce que nous semons sur les réseaux est récolté sur des serveurs américains. Ils les regroupent dans de grands entrepôts industriels, ils appellent ça des "fermes". Je suppose que ça leur sert à faire pousser des trucs.

Ce n'est pas anodin que la locomotive du cinéma et de l'entertainment soit le pays de Mickey® et de Ronald Mc Donald®. Nous connaissons tous leur folklore et beaucoup d'entre nous fêtons halloween®. Nous partageons des vidéo Coca-Cola® à partir d'un site Google® sur des technologies Apple®.

J'ai l'impression que les Ricains abandonnent cette young and cool attitude dès que d'aucuns refusent de fonctionner selon le modèle qu'ils imposent. Sans déconner, le résultat concret de ces 60 années de libéralisation des marchés, c'est que partout sur la planète, s'applique le droit américain.

En clair, dans le monde nouvellement libre, tu es libre de jouer… selon la règle édictée par les cow-boys. Je pense que c'est parce que Vladimir Poutine refuse de se soumettre à cette évidence, que nous avons visiblement acceptée comme naturelle, qu'il y a de nouveau de la nervosité dans leur relation.

Je ne suis pas un soutien du président russe. Il abuse d'une fibre nationaliste que je conchie. Il me semble évident qu'il fait partie de cette frange de l'oligarchie qui s'engraisse énormément aux frais de l'État sans oublier d'en distribuer à ses amis les plus chers. Mais je ne souhaite pas la guerre.

Je comprends qu'il veuille préserver ce qu'il appelle «l'âme russe» afin de flatter son électorat et que je nomme plutôt culture. Ce n'est pas rien l'histoire de ce pays et nous, je veux dire la France, y avons joué quelques rôles. Il me semble que cet argument devrait être entendu par l'Europe qui prône elle-même (et malgré tout) l'exception culturelle. 

Si Vladimir Poutine commet des actes qui nous déplaisent, nous disposons de tout un tas de moyens de communications qui permettent de s'expliquer, de se parler, de s'écouter, de s'entendre voire même s'engueuler en face à face. C'est tout de même plus sympathique, osons le mot, c'est tout de même plus humain, que d'aller déployer des missiles tout au long de sa frontière.

S'il arrivait que je sois président #VotezPoireau* et que j'apprenne que des milliers de soldats s'entassent aux quatre coins de l'hexagone, j'ai beau être d'un naturel flegmatique, ça m'énerverait un petit peu. J'aurais moi aussi, sans doute, ce réflexe un peu idiot et vraisemblablement masculin, de rappeler que je suis également très bien équipé.

Ce qui me saute aux yeux dans tout cela, c'est surtout que le projet européen qui est né de la guerre n'existe nulle part en tant qu'entité politique sur la scène internationale. C'est l'Otan, sous mandat américain, qui décide de ce que nous allons faire militairement contre la Russie.

Contre nos amis russes.

Partout, ce sont des généraux de la bannière étoilée qui dirigent les manœuvres* comme s'ils étaient chez eux. Dans les conflits en cours, quelques pays, dont la France en première ligne, font l'effort matériel et financier de lutter contre le terrorisme islamiste. Sous commandement américain. Il n'y a ni armée, ni territoire européens.

Tout se passe comme si la guerre ne pouvait pas finir sans que les États-Unis aient enfin libéré la terre entière. Comme si nous n'avions rien bâti depuis 1945 pour que cela n'arrive plus. Nous avons passé tout ce temps à établir des relations commerciales et financières sans jamais nous soucier aussi d'édifier de quoi les protéger.

Nous avons passé tout ce temps à défendre le commerce et les banquiers sans jamais discuter de qui ferait le soldat une fois la guerre revenue…


PS : j'ai l'air alarmiste comme ça
mais j'ai publié toute une série de tweets
sous le hashtag #BruitsDeGuerre* qui peuvent
te montrer comment sur un temps long,
la tension monte aussi vite que les budgets d'armements.


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Photo empruntée ICI*

vendredi 7 octobre 2016

Les banquiers et les politiques [fifty / fifty]




Lorsque je regarde les publicités des banques, je suis tenté de croire que ce sont des messages de l'association des humanistes réunis. Entre celui qui veut être utile et l'autre qui est mon ami pour la vie, je me sens plus populaire dans le milieu de la finance que sur les réseaux sociaux.

Evidemment, je ne suis pas dupe.

Je sais bien que mon ami banquier, “mon collaborateur sur le long chemin de l'existence” n'hésitera pas à se transformer en un être sanguinaire dénommé “conseiller de clientèle”.

À la moindre difficulté que je rencontrerais, il essaiera de me presser afin d'assurer son chiffre mensuel. Celui que réclame son patron, son n+1, celui qui rend directement compte auprès du Chef du Bureau de la Rentabilité.

Et lorsque je regarde les émissions politiques, c'est à peu près pareil. Un troupeau de types (et de gonzesses) remplis de générosité et qui ont plein de solutions.

Des gars qui plus tard au pouvoir, viennent t'expliquer que “je n'ai pas eu de bol” pour justifier qu'il faille rembourser les dégâts. Chirac est passé, Sarkozy est passé, Hollande est passé et le chômage est toujours là.

C'est une dette énorme laissée à la société et nous leur accordons tout de même des privilèges. Le peuple est trop bon ces temps-ci.

Les hommes politiques sont comme les banquiers qui promettent un monde merveilleux et te réclament ensuite de l'argent pour payer leurs erreurs. Et assurer leur train de vie.

#VotezPoireau

La vanne à laquelle vous auriez pu échapper :
Une révolution, ça ne se décrète pas, ça s'échafaude !

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Source image : ‘surreal human sculptures’ by Andrew Baines

dimanche 25 septembre 2016

Trois petits tours… [C'est de la magie !]



C'est en 2011 que le Parti Socialiste mit en place la toute première primaire. Outre l'idée d'officialiser ainsi sa domination sur la gauche de l'échiquier, ce processus électoral portait aussi, en arrière-fond, la volonté de corriger le scrutin présidentiel à deux tours.

Le Parti Socialiste avait constaté comme beaucoup que l'arrivée d'une multitude de candidatures du camps progressiste au premier tour avait pour effet de diluer son poids électoral et d'entraîner sa défaite. Quoi de mieux alors que de placer en amont une épreuve de barrage pour sembler se présenter unis sur la ligne de départ.

À droite, comme il est de tradition face à toute nouvelle idée progressiste, on commença par moquer le concept, par crier que jamais ô grand jamais, par vitupérer contre le changement avant finalement d'adopter également le principe.

En 2016, c'est donc une grande majorité de l'électorat national qui est appelé aux urnes afin de sélectionner les petits chevaux qui pourront porter casaque au Grand Prix du Château de l'Élysée. Mais s'il devient de fait officiel que le scrutin présidentiel à deux tours ne suffit plus pour déterminer efficacement le choix des électeurs, l'autorité de contrôle et les pouvoirs publics ne se sont nullement saisis de la démarche.

L'UMP-rebaptisée organise donc une grande primaire de la droite et du centre, dont l'extrême droite est exclue et à laquelle le centre a refusé de participer pendant que le PS actuellement au pouvoir promeut une épreuve qualificative à laquelle une bonne partie de l'extrême gauche ne reconnait aucune légalité.

Nous assistons à une organisation amateure de deux votes parallèles censés préparer la présidentielle. Deux scrutins quasiment officialisés sans que la République, nos Institutions, ne se soient à aucun moment penchées sur l'organisation et le fonctionnement afin d'en vérifier l'équité, d'en réglementer l'accès et le financement.

Du fait de ce manquement, mai 2017 révélera vraisemblablement un élu issu d'un processus de sélection tout à fait clanique, à l'organisation obscure et pour le moins assez peu conforme à notre République. Une fiction électorale au service d'une illusion de République.

[Image empruntée ICI